Avant hier
je rêvais. Mais parfois, le réveil est brutal. Un vent de dénationalisation
souffle désormais sur le Québec; un vent des années cinquante.
L’Institut
économique de Montréal annonçait à la fin avril que le Québec pourrait tirer
environ 400 milliards de dollars du pétrole présent sur son territoire. Si l’on
pense que la dette brute du Québec est d’environ de 300 milliards (voyons large), ce n’est pas
une mince affaire! Il resterait même un surplus de 100 milliards; une sorte de
Loto Québec. 30 ponts Champlain, 5 TGV entre Windsor et Québec ou 100 années de
gratuité collégiale et universitaire? Il y a de quoi rêver.
Laisser faire, laisser aller.
Hélas, on se
réveille en se rendant compte que dans les 400 milliards dont parle l’IEDM, il n’a jamais été
question d’une appropriation des ressources naturelles par le gouvernement. Il s'agit principalement de revenus tirés d'impôts et de taxes.
En 2002, le
gouvernement Landry mettait sur pied une division d’Hydro-Québec (Hydro-Pétrole et gaz) qui allait
investir 300 millions de dollars sur dix ans afin de trouver du pétrole sur
l’île d’Anticosti.
En 2005, le
gouvernement Charest démantèle la division pétrole et gaz d’Hydro-Québec et vend
en 2008, ses droits d’Anticosti, pour un prix toujours secret. C’est donc à Pétrolia, qui annonçait l’an dernier avoir
trouvé de 30 à 40 milliards de barils de pétrole non conventionnel, que nous avons
refilé l’île au trésor. Faites le calcul! À 100$ le baril, avec un coût de
production unitaire de 40$, on parle de 1800 à 2400 milliards de dollars.
Quand on se compare… On se désole.
En Norvège,
l’État tire 50% des recettes générées par le pétrole. C’est un actionnaire
majoritaire comme c’était le cas au Québec sous le gouvernement Landry. Imaginez,
si notre Premier ministre était norvégien, non seulement l’exploitation
complexe du pétrole de Schiste serait faite de manière plus sécuritaire, mais
surtout, 900 à 1200 milliards reviendrait directement dans les poches de notre gouvernement.
Un héritage pour nos enfants! Sans oublier les impôts payés par les
entreprises, les salaires des employés, bref, le beau 400 milliards que l’IEDM
nous faisait miroiter.
Pourquoi
diable Hydro-Québec a-t-il cédé ses droits? Pourquoi le prix de la transaction
est-il secret? Qui sont les actionnaires de Pétrolia? Monsieur Richard Le Hir,
ancien cadre chez Esso, PDG de l’Association des manufacturiers du Québec et
ancien ministre, tente de répondre à ces questions.
Lorenzo Sterzi




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